Camélia Exsangue

Blog de voyages
Rando dans le Sichuan

Rando dans le Sichuan

Voilà: challenge accepted et relevé avec force! Pendant 4 jours, du mercredi 3 au samedi 6 octobre, j’ai affronté les montagnes du Sichuan lors d’une randonnée épique.

Mardi 2 octobre 2018, le groupe de 28 randonneurs réuni par M2adventures a pris le bus pour Chuanzhu. Malgré la Golden Week et les embouteillages planifiés, aucun problème sur la route à part une halte de 20 minutes.

La route m’a permis de faire connaissance avec Lina, une Chinoise ayant passé sa jeunesse en Australie et qui travaille à présent à Shanghai.

J’ai pu aussi découvrir les montagnes du Sichuan: rocailleuses, abritant des pins et des arbustes, offrant parfois des chemins sinueux. Des montagnes imposantes mais pas forcement très accueillantes…

À ma sortie du bus, j’ai tout de suite compris pourquoi un sac de couchage acceptant des températures jusqu’à -20 degrés était recommandé… J’ai bien connu le froid au Canada mais en Chine, je ne me serais pas attendue à trouver des températures si froides… Sans y être préparée…

Pas que je pensais partir au soleil ou quoi que ce soit, mais je ne m’attendais tout de même pas à ça… Heureusement que j’étais passé chez Uniqlo quelques jours avant pour m’acheter une doudoune à manches courtes… Je n’aurais pas tenu avec mon tee-shirt et mon sweat sinon…

Check-in à l’hôtel fait et après avoir fait la connaissance de ma coloc de chambre, Beatrice, une Italienne de 25 ans vivant à Shenzhen, je retrouvai le groupe pour le dîner.

Nous formions donc un groupe assez éparse: 6 couples de tout âge, des randonneurs émérites, des amis, des randonneurs novices. Je faisais bien sûr partie de la dernière catégorie. Ma motivation? Le challenge, réaliser quelque chose que je n’aurais pas pensé réussir il y a quelques années.

Repas pris, derniers conseils donnés, prise de tension effectuée, il était temps de se reposer. Réveil à 6h20 le lendemain pour remplir les gourdes et prendre le petit déjeuner.

1er jour de rando

À 20 minutes de notre hôtel se trouvait le départ de notre première journée de randonnée. Super… J’avais déjà froid…

Réchauffée au bout de 30minutes de marche, je pensais déjà à la pause dejeuner qui allait marquer la moitié du trajet ou presque.

Il est vrai que les paysages étaient chouettes. Au moins, on ne m’avait pas vendu du rêve.

Marchant dans le groupe de tête, je me rendais à l’évidence déjà rencontrée en Inde: je suis une bonne marcheuse. Je ne pense pas être une sportive de très haut niveau mais lorsqu’il s’agit de marche, je m’accroche, marchant assez vite pour que le « supplice » dure moins longtemps… À chacun sa motivation!

L’heure de la pause déjeuner enfin atteinte, il ne devait rester que « quelques » heures avant l’arrivée à notre campement.

FAUX!

Nous n’avions parcouru que deux heures lorsque notre guide nous annonça que nous etions arrivés au campement !

Bien évidemment, j’étais SUPER HEUREUSE d’être arrivée sur le campement en tête de peloton.

Malheureusement mon bonheur fût de courte durée. Assez rapidement, je réalisais qu’il n’y avait AUCUN ENDROIT pour se réchauffer ou s’abriter de la neige (de la neigette ok mais quand même !! Elle a bien réussi à me glacer les os cette #&€!*), AUCUN ENDROIT non plus pour se nettoyer ou faire ses besoins et AUCUNE POMPE pour mon matelas gonflable…

Zen….

« Et est-ce que l’on pourrait avoir de l’eau chaude pour se réchauffer ? »

Bah non… Bu keyi… Pas d’eau chaude pour les braves…

Zen version 2…

Niveau organisation assez pourrie pour cette première jour où les guides locaux n’ont pas l’air d’être au courant de ce qu’on nous a promis…

Mais bon… La vue est quand même belle et je m’attelle donc au montage de la tente… Que je réussis (trop fière!) toute seule.

La nuit est fraîche (et courte).

2ème jour de rando

Réveil 7h. On range les affaires dans la tente. On prend le PDJ et c’est parti pour la deuxième journée de randonnée. Pas la plus facile…

Je passe la plus grande partie de la randonnée seule, en tête à tête avec moi-même. Et ça fait du bien.

On nous avait promis deux montées assez dures. Il ne s’agissait en fait que d’une seule montée super hard où mes cuisses et mes poumons ont pris chers… Alors bien sûr, aucune possibilité d’abandonner et pas l’envie de « louer » un cheval pour esquiver la marche. J’ai pris mon mal en patience et un pas après l’autre j’ai grimpé ce qui m’a semble ne jamais s’arrêter…

Les paysages, grandioses, m’ont permis de surmonter la difficulté;mais surtout, toujours cette phrase « tu peux y arriver ».

Et le soleil etait présent! Après avoir eu de la pluie et de la neige, quel bonheur que de se faire arroser de soleil!

Je suis au final arrivée au campement vers 15h. TELLEMENT contente d’avoir fait plus de la moitié de la randonnée et en sachant qu’il ne me restait plus qu’une journée !

Et puis, les GO avaient appris de leurs erreurs puisque nous attendait eau chaude et tente pour nous abriter.

3eme jour de randonnée

Le manque de la douche chaude commence à se faire sentir.

Mais bon, la routine s’est presque installée…

On se lève, on se change, on petit déjeune. On prend le bâton de marche et c’est parti!

On commence la randonnée tranquillement par des sentiers cachés dans des chemins boisés. C’est assez agréable. Il faut éviter les branches en pleine face, éviter de se prendre les pieds dedans également. Puis ne pas glisser sur les cailloux, passer des ruisseaux en s’accrochant aux branches alentours ou en traversant à l’aide de rondins de bois qui servent de ponts.

Puis on arrive au bout de quelques kilometres sur une vaste plaine. Là sont arrêtés des chevaux, prêts à embarquer les randonneurs fatigués ou cavaliers. J’hésite mais continue à marcher.

Je n’ai pas monté à cheval depuis l’Australie il me semble…

Ensuite commence une montée à 70 degrés où mes jambes se demandent ce qu’elles font là. C’est comme si je marchais sur une plage de galets où l’élévation aurait été biaisée. Chaque pas risque de me faire glisser… Le bâton de marche m’encourage à continuer. De toute manière, maintenant que je suis là…

Vient ensuite un chemin rempli de petits buissons parmi lesquels il faut se frayer un chemin. Ça dure…

Puis je dois à nouveau traverser un ruisseau en passant deux rondins accrochés ensemble. Je me vois déjà finir à l’eau mais non… Tout se passe bien et je continue à m’accrocher et à avancer.

Je pense à « Wilde », le film avec Reese Witherspoon, tiret d’une histoire vraie où héroïne part seule dans la nature américaine… Très peu pour moi… J’ai de plus en plus hâte de me retrouver la tête sous la douche chaude…

J’arrive à une nouvelle galère, une nouvelle pente à confronter…

C’est avec un peu de blase que je m’y attaque. Mes cuisses le détestent mais savent qu’elles n’ont pas le choix.

De toute manière, j’arrive bientôt en haut de la montagne. Bientôt je verrai le lac et pourrai me reposer.

QUE DALLE!

Arrivée en haut de mon calvaire, j’aperçois les randonneurs en amont en train de littéralement grimper la crête de la montagne….

Je ne suis donc pas encore au bout de mes peines.

Je traverse la plaine me séparant des grimpeurs et c’est parti. J’avance au ralenti. J’en chie vraiment…

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