5 jours dans la vallée de Markah

Inde, Laddakh, Markha Valley

1ère journée

Nous sommes parties de Leh à 7h avec l’agence « Ladhaki Women’s Travel ». Dans la voiture, sur les routes endommagées pour nous mener à Chilling, notre guide, Diskit, nous raconte les différents paysages et l’histoire de la région.

Près de deux heures après, nous arrivons à Chilling. Nous traversons un pont plutôt moderne et nous retrouvons entourées d’ânes et de chevaux chargés… commes des mûles.

De là, nous partons pour notre randonnée de cinq jours, parcourant des chemins de rocs et de poussière.

Nous prenons une heure et demie pour arriver à la maison de la tante de Diskit qui tient une petite guesthouse, à Skiu (3350 mètres d’altitude). Nous passons la plus grande partie de la journée à dormir. L’altitude sûrement. On nous réveille pour dîner et nous retrouvons les bras de Morphée.

2eme journée

Le lendemain, apres un délicieux petit déjeuner ladhaki, il est temps de partir pour Markha. Ce sera notre plus longue journée avec 7 heures de marche. Les paysages sont les mêmes qu’au départ. Nous nous enfonçons dans la vallée, entourées de montagnes aux formes imposantes.

Le paysage semble mort. Pas beaucoup de végétation, mais un sentier formé par les randonneurs, leurs guides, les ânes et les chevaux qui semble interminable.

Nous rencontrons un couple de Canadiens lors d’une nos pauses thé. Ils viennent du Québec et me rappellent bien évidemment ma vie au Canada, il y a 5 ans déjà, surtout les débuts de mon expérience, alors que je me promenais dans la région francophone en attendant de finalement choisir Toronto pour m’installer.

Ils ont organisé leur séjour en Inde de 3 semaines avec une agence française. Ils font leur randonnée avec plus de confort que nous: ils ont avec eux un guide, un cuisinier, des ânes qui portent leurs affaires et une personne pour s’occuper des ânes.

Nous continuons notre route avec eux. Sur le chemin, nous échangeons sur nos parcours. Très vite, mon voyage dans les Rocheuses canadiennes et ma randonnée à Lake Louise se rappellent à mon souvenir.

Ce qui est bien pendant les randonnées, c’est de pouvoir totalement déconnecté et de laisser ses pensées vagabonder.

Sur la route, j’ai l’impression de faire un pèlerinage, avec mon backpack comme fardeau.

Parfois, surtout lors des ascensions, je me compare mentalement à un petit bousier.

Oui, pas besoin d’être toujours spirituelle …

Les montées sont difficiles physiquement et j’ai l’impression de manquer d’air à chaque pas. Nous sommes à plus de 3770 mètres d’altitude et mes poumons me le font bien sentir.

Je finis mes 3 litres d’eau avant d’arriver à notre guesthouse. Nos amis canadiens sont au campement juste derrière notre maison.

La maison de pierres est composée de quelques chambres, de la cuisine où les ladaks se retrouvent et d’une salle à manger remplie de tapis. C’est là que nous est servi du the à volonté.

Notre chambre est modeste. Il y a trois matelas posés au sol et des couvertures roulées et laissées sur un meuble pour que nous nous servions.

À noter que dans les maisons dans lesquelles nous séjournons pour 1200 roupilles (incluant la nuit, le petit dej, le pique nique pour le déjeuner et le dîner), les toilettes sont à l’extérieur et ne comprennent qu’une pièce au mur de briques avec un trou entre deux planches.

Heureusement, il semble qu’avec la chaleur, les kilomètres de marche, l’altitude; en ajoutant à cela nos 9 kilos sur le dos, nous n’ayons pas de besoins trop importants de ce côté là.

C’est aussi dans ces conditions que l’on se rappelle le confort que nous avons chez nous. Et le gaspillage que nous en faisons également.

La propriétaire nous propose une bassine d’eau chaude pour nous nettoyer. Ces conditions me rappelent mon road trip en Australie, où je me nettoyais plutôt que je ne me lavais.

L’image de ma grand-mère maternelle me revient également en tête. Je me souviens de l’expression sur son visage quand elle me rappelait, à moi, la petite fille gâtée d’avoir une vraie douche moderne chez elle, qu’à son époque on ne se lavait qu’au gant.

Le dîner est absolument merveilleux: la nourriture ladakhi est un vrai régal. C’est très différent de la cuisine indienne. Les légumes sont ceux du jardin et tout est fait maison, même les pâtes.

3ème journée

Nous quittons notre gîte entre 7h30 et 8h, direction Hankar (4240 mètres).

Cette troisième journée nous offre des paysages différents. C’est absolument splendide. Nous oscillons entre montagnes, rivières, champs et les couleurs sont somptueuses.

A

Au bout de 5h de marche, nous arrivons à notre nouveau gîte et retrouvons les Canadiens qui prennent leur pause dans le champ jouxtant notre maison.

Ils ont encore 1h30 de marche à faire pour rejoindre leur campement.

Nous les laissons donc reprendre leur route et nous partons nous laver au baquet, avec de l’eau chaude laissée par la maitresse de maison.

Ensuite, nous avons droit à notre fameux thé.

Nous faisons la connaissance d’un Français résidant en Australie depuis plus de 20 ans, de son pote, un ami Australien et d’un Espagnol. Les deux d’Australie de retrouvent tous les ans dans un nouveau pays pour faire des randonnées ou juste découvrir une culture étrangère. Ils ont également un guide et une femme qui s’occupent des ânes portant leurs affaires pour la randonnée dans la vallée de Marka.

L’Espagnol s’est greffé à eux le second jour de la randonnée.

Nous passons l’après-midi simplement, à boire du thé et à échanger sur les voyages, les differentes expériences de vie et nos styles de vie.

Vers 17h, on s’attelle à la cuisine et vers 19h, nous partageons le repas.

4ème journée

À 7h30, nous sommes un bon groupe à partir pour Nimaling (4740 mètres d’altitude) : 2 Françaises, 2 Australiens (considérant que le Français est un « faux » Australien), 1 Espagnol et 3 Ladaks.

Sur la route, le temps passe vite puisque nous le passons à parler, sauf dans les montées, ça va de soit, où je respire extrêmement fort pour reprendre mon souffle.

Les paysages sont absolument magnifiques. J’ai du prendre une 100aine de photos pendant cette journée.

Notre pause déjeuner se fait près d’un lac où a été installé un Buddha une semaine auparavant.

Magique!

L’endroit est habité par des pikas, sorte de chiens de prairie, tout mignons.

Les montagnes, bien que dangereuses (je me suis surprise à avoir le vertige à 2/3 reprises pendant la randonnée), sont majestueuses.

Nous arrivons assez tôt à notre campement après de nombreuses montées et des passages parfois difficiles physiquement.

Lors des montées plus difficiles que les autres, je me rappelle de la rue où habitait ma grand-mère. C’était une immense pente que je devais affronter tous les jours d’école, de la maternelle au collège, alors que je devais rentrer chez elle pour le déjeuner. Son conseil : regarder mes pieds pendant la montée.

C’est encore ce que je fais aujourd’hui lorsque je galère avec mes petites jambes.

Il me semble que les randonnées sont presque une forme de thérapie à ce niveau : on pense beaucoup et on laisse ses pensées s’échapper.

Au campement, je suis sûre de m’ennuyer puisque je n’ai pas de livres et aucune autre distraction que de regarder le paysage.

C’était sans compter que tous les randonneurs doivent s’arrêter dans ce campement avant d’affronter la dernière étape : la montée du col Gongmaru.

Dans la pièce aménagee en salle à manger pour les randonneurs, nous faisons la connaissance d’une Anglaise, d’une Américaine et de beaucoup d’Israëliens ayant fini leur service militaire de 3 ans.

Les conversations sont extrêmement interessantes et les points de vue de chacun enrichissants.

L’après-midi passe donc très vite.

Une fois le diner achevé, nous allons directement dans notre tente nous préparer pour une nuit très froide.

Entre le froid, l’humidité, les henissements des ânes, nous n’avons quasiment pas dormi.

5eme journée

Le réveil est un peu difficile. Après un passage express aux toilettes du campement (immondes…), nous savourons le dernier petit déjeuner de la randonnée, préparons nos sacs une dernière fois et c’est parti pour l’ascension du col Gongmaru La (5260 mètres).

l me semble que cette montée est la plus dure de ma vie. Je souffle, j’ai impression de pietiner mais je m’accroche. J’entends mon père me souffler un « prends ton temps » et je continue. Je me répète assez souvent des messages d’encouragement.

On dit que tout est dans le mental et c’est vrai. À chaque pas, je continuais de m’encourager pour arriver, 1h30 plus tard, au sommet.

Quel moment de satisfaction et de fierté !

À l’arrivée d’Audrey, c’est la consécration ! Sa joie est immense et je sens que cette excursion restera gravée dans nos mémoires.

Arès avoir passé 20 bonnes minutes à prendre des photos et à admirer le paysage, une vague de froid nous submerge et nous invite à commencer la descente.

Nous prenons notre dernier pique-nique près de Chogdo (3600 mètres) et le taxi nous attend pour nous ramener à Leh.

Nous ramenons l’Espagnol avec nous tandis que les Australiens en ont pour une journée de plus de marche.

Le taxi nous arrête gentiment à Hemis, pour la visite d’un dernier temple construit dans la roche.

Arrivées à Leh, nous partageons un dernier repas avec Alvaro l’Espagnol.

Le lendemain, Audrey et moi reprenons la route pour Manali. Il nous faudra 3 jours pour rejoindre la ville des backpackers.

Delhi – My First Time in India

Articles, Delhi, Inde

Il y a quelques mois déjà, nous décidons avec Audrey, une copine rencontrée à Hanoi il y a un an déjà et qui est également fan de voyages (nous avons été ensemble à Nha Trang et Mu Cang Chai – Vietnam), de nous retrouver en Inde et d’y visiter le Nord (Delhi, Agra pour le Taj Mahal et l’Inde himalayenne).

E-visa en poche (80$ environ) et vacances posées, prendre le billet d’avion (300$ pour un vol direct Shanghai-Delhi) et se projeter en Inde pour 3 semaines n’auront été qu’une formalité.

Je suis partie de Shanghai avec un backpack rempli du minimum: une 10aine de slips, une 10aine de paire de chaussettes, 4 pantalons, une serviette, un pull chaud et une trousse de toilettes.

N’ayant pas de balance mais ayant un objectif d’un poids inférieur à 10 kilos, afin de pouvoir porter mon sac lors de nos futures randonnées ou de le faore porter, j’espère et croise les doigts pour que ça passe.

Avant de me diriger vers la ligne 2 qui mène à l’aéroport international de Pudong, je prends le soin d’imprimer mon visa électronique (je ne pensais vraiment pas le faire mais, à la dernière minute, je me suis dit qu’il valait mieux prendre des précautions). Du coup, cette pause de 15 minutes me laisse le temps de stresser suffisamment – comme à chaque fois – et de penser que je vais louper mon avion.

Mais comme à chaque fois, j’ai prévu tellement de marge que je suis laaaarge.

À l’aéroport, la femme au guichet regarde dans tous les sens les deux feuilles que je viens de faire imprimer et qui contiennent mon numéro d’e-visa avant d’accepter de prendre mon sac qui ne fait que … 6,5 kilos !! Objectif atteint !!! Laaaargement !

Hallelujah!! Dans quelques heures, je serai en Inde, dans ce pays qui me fascine, surtout par les on-dit, les histoires et expériences que l’on m’a racontées et l’univers qui s’y rattache (« Slumdog Millionaire » et « Lion » étant mes références).

C’était sans compter les 5h de retard de mon avion (je le savais qu’il ne fallait pas que je sois trop sûre de moi tant que je n’étais pas dans l’avion !!).

J’étais donc VRAIMENT laaaarge question temps… J’aurais même eu le temps de me faire un ciné quand on y pense… Et en 5h de retard, j’ai eu bien le temps d’y penser…

J’envoie quelques messages à Audrey pour la prévenir de ne pas m’attendre à l’aéroport de Delhi et d’aller directement à l’hôtel mais je sais en même temps qu’elle doit être déjà dans son vol Londres-Delhi…

Je croise donc les doigts, impuissante, en espérant que tout aura bien été pour elle.

Une fois – ENFIN – installée dans l’avion à 00h30 (vol initialement prévu à 21h15), je ne pense qu’à une chose : dormir.

Je prends la peine de manger et de regarder un film mais pour le reste des 6h de vol, je n’ai pas arrêté de me tourner et de me retourner sur mon siège.

Jai ho

Arrivée à Delhi, je me dirige vers le comptoir des e-visas. Aucune queue d’attente, c’est parfait! L’homme derrière le guichet me donne quelques ordres sans sourire : regarde la caméra pour la photo, mets tes doigts sur la machine pour la prise des empreintes digitales et hop, deux coups de tampon plus tard et j’ai mon visa !! Oh fierté ! Oh joie !!

Je pars récupérer ma valise et je reçois un texto d’Audrey qui m’explique qu’elle est rentrée à l’hôtel (elle a reussi à trouver le chauffeur de taxi réservé à l’avance) et que le chauffeur m’attendra à mon arrivée. Oh bonheur !

Je récupère mon backpack, je retrouve le chauffeur et ce dernier m’amène à l’hôtel « The prime Balaji » situé près de l’ancienne gare.

Sur la route, première impression: où sont les femmes? Les rues et trottoirs sont remplis d’hommes. Sur les 20 à 30 minutes de taxi, j’ai dû voir en tout 5 femmes…

Deuxième impression : je me fais dévisager malgré les fenêtres du taxi. Je suis trop fatiguée pour émettre un jugement ou gromeler quoi que ce soit et j’essaie de me reposer.

Arrivée à l’hôtel, je passe le portique de sécurité avant de me rendre à la réception:

« Bonjour Madame, votre amie est là depuis longtemps. Elle vous attend dans votre chambre. »

Parfait!

En effet, quelques minutes plus tard, je retrouve Audrey et après quelques brèves mots échangés, nous nous écroulons toutes les deux dans le lit.

Hello maam

Nous nous retrouvons le lendemain matin pour « affronter » notre première journée à Delhi.

Avant de nous rendre à la gare, nous faisons un petit tour par le « Travel Agency » de l’hôtel qui nous recommande une voiture privée pour aller et revenir d’Agra, pour la somme de 6000 roupies. On y réfléchira car l’offre est tentante mais ce n’est pas la solution que nous choisirons.

Nous prenons donc le chemin pour la gare située à 5 mins de notre hôtel.

À peine arrivée à la gare pour acheter notre billet du lendemain pour Agra, qu’un homme nous annonce qu’il faut faire le tour, que nous marchons sur l’accès aux taxis. Heureusement que le Routard et le Lonely nous ont prévenues de ne pas écouter / croire ce que l’on nous dit. Nous continuons notre chemin et trouvons très vite et très facilement l’entrée de la gare.

Première étape: après avoir fait la queue avec la population indienne (où l’on remarque que les femmes peuvent doubler et se rendre directement au guichet), la femme au comptoir nous annonce que nous devons nous rendre au guichet réservé aux étrangers, au premier étage.

C’est reparti pour un petit tour.

On arrive au guichet où nous sommes très bien reçues, on explique ce que l’on veut et la femme nous demande si nous avons bien nos passeports sur nous. Eh bien non! Il nous faudra donc revenir plus tard.

J’ai faim et nous partons, sur les conseils de nos guides, pour le « Brown Bread café ». Sur la route, on se fait souvent interpeller et on ne répond quasiment jamais. Prudence avant tout. Les guides ont réussi à nous rendre (plus que?) précautionneuses.

On met donc des vents à tous les hommes que l’on croise : simples passants, vendeurs, chauffeurs de rickshaws, etc.

Après notre petite pause (j’ai presque honte mais en fait j’assume complètement avoir mangé des fallafels et du humus), nous partons en rickshaw pour le fort rouge. Nous étions motivées et prêtes à faire les quelques 5 kilomètres de marche mais les « hello maam », « taxi maam », « where are you from maam », « where are you going maam », etc. toutes les 15 secondes ont eu raison de ma patience.

Red fort / Lal Qila

Bâtiment imposant par sa taille et sa beauté, le Red fort date du XVIIème siècle et est un must see de Delhi.

Nous faisons donc une promenade très agréable dans les jardins et les bâtiments, en refusant de nous faire prendre en photo, sauf avec une adolescente. Encore une fois, nous refusons tout échange avec un homme.

C’est particulier et dommage mais peut-être serons-nous plus « ouvertes »

au cours de notre séjour.

Nous partons ensuite vers la mosquée. Sur notre route, nous nous faisons notre propre passage, en évitant tout contact masculin.

On fait mine d’éviter les regards insistants et nous continuons notre route jusqu’à la « Jama Masjid ».

Jama Masjid

On nous demande de retirer nos chaussures et de nous couvrir et de payer 300 roupies.

Alors déjà ça m’énerve… Je suis déjà habillée en pouilleuse et on nous force à nous accoutrer d’une sorte de tunique dégueu et qui pue… Nous couvrir de quoi en plus?! Je porte déjà un tee-shirt ample et un pantalon. Je ne savais pas que mes avant-bras étaient impurs à ce point…

Bref, après avoir ralouillé, j’accepte les haillons et nous visitons l’endroit en 15 minutes.

Nous repartons vers notre hôtel, prenons nos passeports et retournons à la gare pour prendre les billets les moins chers (230 roupies par personne) pour environ 3h (mais nous sommes déjà averties des retards en Inde) de route.

Agra, nous (Inch’Allah), nous voyons bientôt !