Le wwoofing au ranch: c’est fini.

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Toutes les bonnes choses ont une fin et mon expérience au ranch, à Hudson Bay, dans le Saskatchwan, est finie. Après avoir passé plus d’un mois dans cet endroit juste extraordinaire, il a fallu mettre fin à l’aventure. C’était génial, magique et AWESOME de vivre dans ce ranch/Bed&Breakfast.

Retour sur les derniers trucs testés là bas:

– assister à compétition de curling
– visiter un business d’abeilles
– voir des buffles
– fêter mon anniversaire
– faire de la luge (tirée par un skidoo)
– faire du cheval, toujours plus de cheval

Retour en arrière.

Depuis qu’Olivier est arrivé au ranch, les journées, qui passaient déjà assez vite, ont défilé. Rencontré à Toronto, le Français a décidé de me rejoindre dans le nord du Saskatchewan. Quand tu as passé 6 mois à Toronto alors que tu es venu faire un PVT au Canada (et pas en Ontario uniquement), l’envie de bouger est juste compréhensible. Ne vous méprenez pas: j’adore toujours Toronto mais le reste du Canada est trop grand pour ne pas être découvert.
Anyway… Avec « Oliver » (n’essaie même de leur faire prononcer le vrai nom),on a découvert pas mal de nouveaux trucs: les personnes rencontrées à Hudson Bay étaient fières de nous présenter (nous petits Frenchies) leur business, leurs habitudes et leurs vies en général.

1. Assister à une compétition de curling

Lorsque j’étais en France, j’ai jamais compris comment des personnes censées pouvaient regarder du curling. Eh bien, voilà. Arrivée dans le Saskatchewan, j’ai regardé une compétition et j’ai aimé. Pas que j’en regarderais tous les jours, mais grâce à Angel, une amie du ranch, qui nous expliquait les règles, on a passé un super bon moment.

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2. Voir un business d’abeilles

Avec Glenn, on a eu la chance de découvrir comment on faisait pour réussir dans le commerce d’abeilles. Ce dernier en exporte en effet jusqu’en Chine. Il nous a du coup expliqué comment ça marchait de la naissance d’une abeille jusqu’à sa reproduction.

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3. voir des buffles

Sur la route du retour à la maison, lorsque Glenn nous reconduisait au ranch, j »ai placé dans la conversation que je n’avais jamais vu de buffles de ma vie. Qu’est-ce qu’il a fait? Demi-tour pour nous amener en voir! Des voisins avaient en effet un commerce de buffalos: juste incroyable! Le truc qui m’a le plus impressionnée reste le fait que ces grosses vaches poilues avaient plus peur de nous que nous d’elles.

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4. visiter une scierie

Angel nous a, quant à elle, amené visiter la plus grosse entreprise d’Hudson Bay qui fait travailler les 3/4 de la ville.
J’avais déjà pu assister à la coupe des arbres et voir la suite du processus et la transformation de l’arbre en palette était super intéressante.

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5. fêter mon anniversaire

Quand, en rentrant d’une promenade à cheval, Riita (une autre amie du ranch) m’a demandé d’aller chercher une box dans sa voiture, je ne me doutais pas que j’allais tomber sur le plus gros gâteau d’anniversaire que j’ai jamais eu! La surprise était, au propre comme au figuré de taille. Ca faisait d’une pierre deux coups et j’ai eu l’impression d’avoir en même temps un joli pot de départ.
J’ai eu le droit à un gâteau -bourré de crème, ça va de soit- avec ma photo dessus: le rêve de toute petite princesse qui se respecte.
De toute façon, je n’avais pas d’autre choix que de partir comme une princesse.

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6. faire de la luge (tirée par un skidoo)

Quand Perrie nous a demandé si on avait envie de poser nos fesses sur une luge afin qu’il nous tire avec son skiddo, on a tout de site accepté. L’expression « manger de la neige » n’a jamais eu autant de poids que ce jour là.

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Un « Oliver » en action, ça donne ça:

7. faire du cheval, toujours plus de cheval

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Comme Audrey me l’a dit, je pense que je ne pourrais plus vivre sans. J’ai réussi à me faire « adopter » par deux d’entre eux et c’était juste brillant! Voir un percheron qui t’écoute et qui fait ce que tu lui dis par le pouvoir de la voix: a dream come true!

Mais voilà, une fois encore dans l’expérience « Pô au Canada », il m’a fallu dire au revoir à des gens extraordinaires et tourner la page d’un autre chapitre de ma vie: une expérience de cowgirl comme j’en avais toujours rêvée.

Mais pas le temps de me poser pour y penser: j’étais déjà prête pour de nouvelles aventures. Le 11 mars, je quittais le Saskatchewan pour aller découvrir la Nouvelle Écosse (Nova Scotia), « les Maritimes » et la réputée ville d’Halifax.

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Les Natives du Canada: entre passé et présent

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indian

Mais ils sont oùùùù les Canadieeeeens?

Personne ne m’en a jamais vraiment parlé à Toronto (on ne parlait jamais vraiment de politique non plus à part pour les déboires de Rob Ford…). Je me disais du coup que la France était vraiment un pays ultra-politisé et qu’ici beaucoup moins. Je n’ai jamais eu de débat houleux sur le comportement canadien et la tendance à trop consommer (voitures trop grosses, lumières et téléviseurs toujours allumés, gaspillage de l’eau potable, OGM autorisé dans les produits alimentaires, j’en passe et des meilleurs), jamais de discussions sur le mariage homosexuel (autorisé au Canada depuis mai 2005), pas non plus de grand discours sur la parité hommes/femmes. Pas avec des Canadiens en tout cas. Je ne pense pas que ce soit parce que les questions ne se posent pas ou que les problèmes  n’existent pas mais je pense qu’on ne les soulève pas comme on le ferait en France. Pourquoi, je ne sais pas et je ne cherche pas vraiment à comprendre.

Je n’ai jamais été une grande fan du sujet « Différences culturelles entre Français et Canadiens: les Français se plaignent tout le temps et les Canadiens sont des gentils mangeurs de poutine ». Ces clichés m’énervent plutôt qu’autre chose parce que je pense que ca ne fait pas avancer les choses (et puis parce que moi aussi j’aime manger de la poutine) et que ma vision du monde reste « Il y a des cons partout ». C’est comme à chaque fois que je lis sur Facebook des espèces d’études sociologiques: « Les Français pensent 10 fois par jour au sexe quand les Italiens y pensent 8 fois: les pates y seraient-elles pour quelque chose? » … Vous voyez ce que je veux dire…

Il y a pourtant une discussion que j’aurais bien aimé avoir: j’aurais souhaité que l’on me parle plus de l’histoire du pays et des Premières Nations. On m’en a parlé une fois pendant mon boulot à Toronto en call center (j’y ai passé six mois quand même…): une de mes collègues m’avait appris que les Premières Nations ne payaient pas d’impôts.

J’ai du coup décidé de me pencher un peu plus sur le sujet. Quand tu visites un pays, c’est toujours intéressant d’avoir une vision d’ensemble et de s’intéresser à son histoire, non?

Mais j’en pense quoi moi?

Ma perception des Premières Nations, c’était ça:


Little Big Man, Arthur Penn, 1970

ou ça:


Le Nouveau Monde, Terrence Malick, 2005

Pas vraiment une bonne image de l’homme blanc…

Mon intéret pour les autochtones canadiens s’est accentué lorsque j’ai commencé à voyager à l’ouest, surtout arrivée dans le Saskatchewan, où des Canadiens m’ont parlé de leur histoire. En  11 mois passés à Toronto, je n’avais entendu que des stéréotypes genre « Les autochtones sont des alcooliques sans travail » ou des « Ils ne paient pas d’impôts. » Au ranch, j’ai eu la chance de creuser plus le sujet avec des personnes un peu mieux renseignées: Audrey a été mariée à un Natif, et quelques-uns de ses amis ont du sang indien qui coulent dans leurs veines. Alors c’est quoi être un Indien aujourd’hui?

Petit cours d’histoire

Le territoire canadien a d’abord été occupé par les peuples amérindiens depuis plus de 40 000 ans. À partir du xve siècle, des expéditions coloniales anglaises, écossaises, portugaises et françaises explorèrent puis s’installèrent sur la côte Atlantique. Au xviiie siècle, des expéditions russes et espagnoles exploreront et coloniseront les territoires de l’actuel côte Pacifique. Une série de conflits entres les différentes puissances coloniales mèneront à la guerre de Sept Ans, qui marquera l’avènement de la suprématie britannique sur le continent, formant l’Amérique du Nord britannique, un ensemble de colonies et de territoires appartenant à l’Empire britannique. Trois de ces colonies se fédérèrent le 1er juillet 1867 et formèrent le Dominion du Canada, un État indépendant, qui deviendra totalement souverain en 1931 avec la ratification du Statut de Westminster.

Wikipédia

Huhu… Intéréssant. Vous aurez remarqué que l’on utilise les termes: « Natifs »/ »Natives » ou « Premieres Nations »/ »First Nations » ou « Autochtones » ou « Premiers Peuples ». Ne dites jamais « Indiens ». Ne dites jamais non plus Esquimaux (dites Inuits). Ce qu’un Francais ne sait pas avant d’arriver au Canada, c’est que ce sont des termes vraiment très péjoratifs et racistes ici.

Alors que peu de documents attestent de leur présence, des fouilles archéologiques font remonter la présence des peuples autochtones sur le territoire du Canada à plus de 26 500 ans dans le nord du Yukon et à 9 500 ans dans le sud de l’Ontario. Ainsi, certaines régions du territoire actuel du Canada sont habitées par les peuples amérindiens et inuit depuis des temps immémoriaux. Ces peuples autochtones seraient arrivés en Amérique grâce à leur migration par l’isthme de la Béringie entre l’Alaska et la Sibérie orientale.

Wikipédia

Donc ces gens étaient sur le territoire depuis des milliers d’années et personne ne m’en a vraiment jamais parlé à Toronto?? WHAT THE FUCK??!! Je me dis que c’est peut-être qu’il n’y a plus de natifs en Ontario? Quelques recherches (Merci Wiki!) plus tard, voilà sur quoi je tombe:

indi

Hmm… Intéréssant: En 2011, 2.4% de la population ontarienne est aborigène, 5.4% en Colombie Britannique alors qu’elle est de 15.6% dans le Saskatchewan. Ceci explique peut-être cela… Mais tout de même! Les autochtones habitaient tout le pays avant! Alors ils sont où maintenant?

Culpabilité canadienne

Je ne sais pas ce qui est arrivé à toutes les tribus qui peuplaient le Canada avant que les colons débarquent mais Kevin, un ami d’Audrey et Perrie, répond un peu à ma question et m’apprend l’histoire honteuse du Canada, celle dont on essaie de ne pas parler. Je commence par lui demander ce qu’il est lui et comment il en sait autant sur les autochtones:

« Ma mère avait deux parents allemands, mon père avait une mère Française et un père Indien, [ce qui fait de lui ce qu’ils appellent ici un metis ndlr] et ce qui fait de moi 1/4 Indien. Je peux donc prétendre a la « nationalité indienne » qui me donne le droit a des privilèges. »

Privilèges?!

« Lorsque les colons sont arrivés au Canada, ils ont abattu 14 millions de buffles, principalement pour leurs peaux. Souvent, ils demandaient aux Indiens de tuer les bisons pour eux parce qu’ils ne savaient pas les chasser. Aujourd’hui, on nous rend ce qui nous est dû en quelque sorte: comme les colons ont décimé le gibier, on estime que les autochtones sont libres de chasser ce qui leur est du, et du coup, je peux chasser autant de biches par an que je le veux. Je peux aussi avoir accès à des études universitaires, dans des écoles publiques, sans vider mon compte en banque. »

Eh bah c’est plutot cool ça, non?

« Oui et non… Beaucoup de Canadiens sont jaloux de ces privilèges. Beaucoup aussi pensent que les Indiens ne paient pas de taxes. C’est faux. Le seul endroit où ils n’en paient pas est lorsqu’ils habitent dans les reserves. »

Bah en même temps, c’est normal, non? On va pas leur demander de payer des taxes. Déjà qu’on les a colonisés… Faut ptet arrêter les conneries à un moment donné, non?

« Au xixe siècle, les Amérindiens d’Amérique du Nord ont été parqués dans des réserves et leurs principaux gibiers, les troupeaux de bisons, exterminés pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fédéral. Ainsi même si la qualification de génocide du traitement de ces populations est discutée, dans la mesure où il n’y avait pas de volonté gouvernementale arrêtée d’exterminer les Amérindiens, ces derniers ont été affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide, terme désignant l’extermination d’une culture par l’installation de sédentaires, souvent cartésiens, dans une civilisation nomade et animiste. »

Wikipédia

« Les réserves ont été créees par les Canadiens en fait. Et laisse moi te dire que même aujourd’hui, tu ne voudrais pas habiter dans ces réserves… Même un chien a une meilleure vie que ça… C’est sale, il n’y a rien a faire… Tu meurs d’ennui. Là bas, les enfants ne sont pas forcés à aller à l’école et sans éducation, tu n’es rien… Tu as entendu parler de Shamattawa? C’est une réserve dans le Manitoba, un endroit qui a le plus haut taux de suicide du Canada… Certains des enfants font des tentatives de suicide juste pour que l’on vienne les chercher en urgence et que l’on les amène à Winnipeg. Certains malheureusement serrent la corde trop fort… Si tu t’intéresses à l’histoire des Natives, tu as du entendre parler d’un autre scandale, les « Residential School »? Des écoles réservés aux Indiens pour leur apprendre à être « civilisés » et pour les convertir à la religion catholique? »

Malheureusement oui…

Des écoles fermées en 1996… Les massacres des Indiens n’appartiennent pas à un passé si lointain.

Des gentils petits élèves, bien dociles, bien sympas… On leur apprenait l’éducation catholique mais pas vraiment avec la méthode douce…

Des enfants déboussolés d’avoir été forcés à quitter leur famille, mais il y a pire…

Ce qui s’est passé dans ces écoles et que l’on a caché pendant longtemps? Les enfants étaient battus, torturés, violes, affamés… On « testait » la « résistance » des « Indiens » avec des expérimentations médicales…

« Quand tu apprends ça, tu comprends mieux comment certains ont tourné alcooliques, m’explique Kevin. Grandir dans une culture bien précise et juste te forcer à vivre dans une autre à laquelle tu n’as jamais été préparé, ça te détruit…

Ma mère a été dans un de ces camps. Elle se faisait violer tous les jours par ceux qui auraient du être ses protecteurs. Je peux comprendre qu’elle soit devenue alcoolique. Moi aussi je le serais devenu si on m’avait enlevé toute ma dignité et réduit à rien pendant des années… Mais ça, les gens ne veulent pas le voir, ne veulent pas en parler et préferent affirmer que tous les Indiens sont des alcooliques, sans essayer de comprendre et de chercher une explication… 80% des Indiens qui boivent viennent de ces écoles. Dans une d’elles, en Alberta, se trouvait même un cimetiere… Des centaines de cadavres d’enfants dedans. Comment ils sont morts? On ne « sait » pas mais il y a eu quelque chose… Ils retrouvent encore des squelettes de nos jours…

Beaucoup d’Indiens cherchaient à cacher leurs enfants pour ne pas qu’ils soient amenés de force là bas. Tu devrais parler à Brandy [sa femme, ndlr], elle a travaillé avec différentes tribus et elle en connait surement beaucoup plus que moi. »

Voilà par quoi cette dernière commence:

« Je te conseille un documentaire qui en parle: « We were children ».

Tu peux retrouver le film sur Netflix. Tu en apprends beaucoup sur ce qui s’est passé. »

Un groupe Facebook qu’elle me conseille, celui d’ « Idle No More » (littéralement « Au Repos Plus Jamais »), un groupe crée afin que l’on se souvienne et que l’on connaisse ce passé peu glorieux. Pour le devoir de mémoire, certaines de ces écoles n’ont pas été détruites.

St. Michael's Indian Residential SchoolSt. Michael's Indian Residential School

Ouvert en 1892; fermé en 1964

Un autre truc que Brandy m’apprend: les « 60 sweep », appelés aussi « 60 Scoop ». Pendant les années 1960, des milliers d’enfants aborigènes enlevés à leurs familles et littéralement donnés à des familles américaines, la plupart du temps des familles blanches. Devenus adultes, ils expliquent avoir perdu leur identite, le contact avec leur famille d’origine, qu’on leur a cache leur dossier medical.

Wikipedia:

The term Sixties Scoop was coined by Patrick Johnston in his 1983 report Native Children and the Child Welfare System.It refers to the Canadian practice, beginning in the 1960s and continuing until the late 1980s, of apprehending unusually high numbers of children of Aboriginal peoples in Canada and fostering or adopting them out, usually into white families. Reder (2007) reports that the adult adoptees who were the subjects of this program have eloquently spoken out about their losses: loss of their cultural identity, lost contact with their natural families, barred access from medical histories, and for status Indian children the loss of their status. An estimated 20,000 aboriginal children were taken from their families and fostered or adopted out to primary white middle-class families.

This government policy was discontinued in the mid-’80s, after Ontario chiefs passed resolutions against it and a Manitoba judicial inquiry harshly condemned it.This judicial inquiry was headed by Justice Edwin Kimelman, who published the File Review Report. Report of the Review Committee on Indian and Métis Adoptions and Placements (also known as the Kimelman Report).

Two lawsuits have been filed in Canada by survivors of the Sixties Scoop, one in Ontario in 2010 and one in British Columbia in 2011.

Une enfance et des générations « fucked up » comme on dit ici: détruites, désabusées, foutues quoi…

Et maintenant?

Beaucoup restent dans les réserves, passent le temps comme ils peuvent. Certains arrivent à s’en sortir mais la majorité des Canadiens les regarde toujours comme des alcooliques ou des bons à rien, pensant que les Natifs ne paient pas les taxes du pays. Des préjugés durs à supprimer.

D’autres infos que j’ai trouvées sur le traitement des femmes autochtones et sur les autochtones en général qui appuient ces dires:

« Au Canada, les femmes autochtones sont aux prises avec des taux d’agressions violentes de trois à cinq fois plus élevés que toutes les autres femmes. Des centaines de familles inuites, métisses et des Premières Nations ont vécu le meurtre ou la disparition d’une sœur ou d’une fille, raconte Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada section francophone. Une intervention gouvernementale concertée et à la mesure de la gravité du problème est primordiale. »

L’usage inutile et disproportionné de la force contre les peuples autochtones qui font valoir leurs droits territoriaux ou participent à des manifestations publiques est également préoccupant. Le déploiement de 200 agents de la Police provinciale de l’Ontario à Ipperwash en septembre 1995 a entraîné le décès d’un manifestant autochtone, puis la tenue d’une enquête en 2003. Néanmoins, des recommandations essentielles ne sont toujours pas mises en œuvre. Cet incident et des actes subséquents en juin 2007 et en avril 2008 dans le territoire mohawk de Tyendinaga ont mené Amnistie internationale à demander la mise en place de politiques contraignantes selon lesquelles la force ne sera utilisée qu’en dernier recours, quand elle est nécessaire pour protéger la vie et la sécurité.

http://www.mondialisation.ca/rapport-d-amnistie-internationale-canada-torture-et-s-curit-nationale/31044

En gros, l’homme blanc a debarqué dans ce pays, l’a appelé Canada, et a voulu convertir l’autochtone à son mode de vie. L’autochtone s’est laisse faire, a donne ses bisons et a appris aux Blancs la culture de plantes: tomate, pomme de terre, maïs et tabac… Not really fair, isnt’it?

L’identité et les racines du Canada restent présentes dans certains mots (anorak,moccassin, canoe, toboggan, etc.), et plusieurs états fédérés portent un nom d’origine amérindienne (Manitoba, Saskatchewan, Ontario, Québec, etc.). Neanmois, la citoyenneté canadienne n’a été accordée aux Amérindiens qu’en 1952…

Sentiments de culpabilité des Canadiens? Pas vraiment ce que j’en ai ressenti à Toronto, mais bon, ça reste ce que je ressens… Et puis, il y a quand même eu ça:

« Le 11 juin 2008, le premier ministre Stephen Harper présente les excuses des autorités canadiennes aux 150 000 enfants autochtones qui subirent une tentative d’assimilation dans des pensionnats chrétiens financés par le gouvernement. Harper déclara : « Le gouvernement du Canada est sincèrement désolé, et demande pardon aux populations autochtones de ce pays, pour avoir si profondément failli à leur égard. Nous sommes désolés. Ces excuses rappellent celles présentées quatre mois plus tôt par le premier ministre australien Kevin Rudd aux Générations volées aborigènes ».

Wikipédia

minister

Comme dirait Kevin: « Les excuses, c’est bien mais ce serait mieux de les aider à se reconstruire maintenant. »

J’ai deux amours: mon pays et Toronto

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Ma vie à Hudson Bay me plaît, mais vivre loin du bouillonnement de la ville n’est pas une expérience qui est faite pour durer plus de quelques mois. Il faut dire qu’être observée comme une attraction (bête de foire?) et questionnée, quasi tous les jours, sur le pourquoi du comment une Française voyageant seule a réussi à atterrir ici, devient assez redondant, voire un peu pénible.

Dans près d’un mois, je suis en France: retour aux sources que j’attends avec joie. Ça va faire du bien de retrouver la famille et les amis.

Même si ça fait bizarre de se dire que l’aventure canadienne touche à sa fin, avoir quitté Toronto était vraiment le plus dur à faire.

Même si je n’y vis plus, Toronto reste encore un peu ma maison. C’est là que j’ai vécu une expérience extraordinaire et c’est là que j’ai laissé mes affaires afin de voyager « léger ».

Lorsque je pense à ma vie en Ontario, je me sens chanceuse d’avoir vécu près d’un an dans cette ville bouillonnante, passionnée et passionnante. Même si je m’en détache petit à petit, je continue à la suivre de loin.

Toronto, c’est ça :

FRANADA 1.1 –

PVT 2013 – TORONTO – CANADA ROSTAING LAURENT

CANON 7D // iPhone 4S

Special thanks : TORONTO // FLUME // TA-KU // DISCLOSURE

Musique : Disclosure – You & Me (Flume Remix) // TA-KU – Highter (Flume Remix)

Revoir ces images me rappelle mes premiers pas dans la ville. Munie d’une curiosité insatiable, je découvrais émerveillée les buildings et les différents quartiers.

Je me souviens m’être promenée dans Kensington Market par hasard pour visiter un appartemment et m’être dit « Damned man! C’est là que je veux habiter! »

Je me souviens que pendant tout mon séjour, je ne pouvais m’empêcher de fixer la CN Tower dès que j’en avais l’occasion. Je me rappelle les soirées avec les amis, celles complètement déjantées avec mes colocs Irlandais, et l’organisation des soirées PVT.

Bref… Je me souviens d’une année complètement folle, complètement dingue et totalement enrichissante.

Malgré tout ça, et assez étrangement, Toronto ne me manque pas. La déprime post-voyage ne m’a pas encore gagnée. Il y a plusieurs explications possibles:

– J’ai tourné la page
– Je sais que je n’aurais pas pu continuer à y vivre: le froid pendant 6 mois de l’année? Hum… Merci mais non merci…
– J’ai plus de temps libre maintenant que je ne travaille plus en 9-5 (comprenez de 9h00 le matin à 5h00 le soir) et je peux contacter ceux qui me manquent et que j’ai laissés en France
– J’ai un autre projet en tête
– Je m’adapte super vite

Au ranch, on écoute souvent la radio et j’ai pu redécouvrir une musique qui me rappelle les soirées Torontoises: la musique « Wake me up » d’Avicii. Elle n’est jouée, à Hudson Bay, qu’à la mode country. Je vous laisse juger :

Le passage au ranch est une expérience unique, qui m’a permis de découvrir un autre Canada, ce que je ne regretterai jamais.

Avant le retour au bercail, il me reste à passer par Halifax, Gaspé, Montréal, Ottawa et Toronto pour récupérer mes affaires avant de prendre mon vol pour Paris.

map canadaVictoria – Gaspé: 5,533 km, 58 heures en passant par les Etats-Unis

Expériences canadiennes: s’amuser par -25 degrés

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Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter les différentes activités du ranch: finies les photos de bouffe à m’en faire saliver comme une addict de sucre enragée. Parce que je ne passe mon temps à manger, je passe beaucoup de temps à rigoler et à avoir du fun! Et comme c’est une page « fun », voici un petit cadeau pour commencer:

Peu habituée à vivre à la campagne, j’ai appris énormément sur la nature qui nous entoure.

 Par exemple, saviez-vous… 20140125_120800[1]

… que quand les biches viennent taper dans la meule de foin avant 17h00, cela signifie qu’il va neiger le lendemain?  

… que la licence de chasse ne permet de chasser qu’une seule biche par an?

… qu’on ne peut chasser que les biches qui ont des cornes?

… que les biches perdent leur corne une à deux fois par an?

20140125_144257[1] … qu’on trouve de la moumoute (désolée, j’ai pas trouvé de mot plus approprié) sur certains gants et qu’on s’en sert pour s’essuyer le nez (parce que oui… ça coule avec le froid…)?

… que les voitures ici ont des cables électriques qui permettent aux conducteurs de réchauffer leur voiture même par temps très froid?

Eh eh! Eh bah maintenant: vous savez et vous pourrez plus dire que vous savez pas! À part continuer à apprendre sur la culture rurale canadienne, je me prête à pas mal d’activités passionantes:

1. ÉQUITATION

J’ai toujours été une passionnée depuis mon enfance: Pauline2 001

Cute, eh?

Et je me demande maintenant comment j’avais pu arrêter ma passion pendant aussi longtemps. Cest ça aussi quand tu voyages: tu te rends compte que tout est possible et que c’est pas si impossible que ça en a l’air de faire ce qui te plaît. Et monter à cheval, c’est comme qui dirait mon dada.

P1050121Les chevaux ici viennent directement chercher leur carotte par la porte

DSCF9666Par temps neigeux

DSCF9703et par beau temps.

P1050133Avec…

P1050143ou sans selle…

2. ÊTRE TRACTÉE EN LUGE PAR UN CHEVAL

Un des trucs les plus funs que j’ai fait pour l’instant!!! J’étais avec une partenaire de luge qui n’arrêtait pas de tomber de sa luge et comme vous pouvez vous en douter, je rigolais trop pour pouvoir dire au chauffeur du « wagon » de s’arrêter pour la récupérer!

P1050247P1050249

P1050251P1050253Shit happens…

À bord de la luge, ça donne ça:

Et quand je n’étais pas dans la luge, j’ai même eu la chance de « conduire » le wagon:

P1050240P1050243Au « volant » du wagon

3. LE QUAD

C’est devenu une habitude. Pour aller nettoyer la « Big Cabin » et refaire les lits, je prends maintenant le quad: ça va plus vite et c’est plus marrant. Enfin… je l’utilise surtout lorsqu’on est dans le rush et lorsqu’il ne fait pas trop froid parce que sinon, merci bien mais je préfère marcher. 20140207_095906[1] Cette petite machine avance super vite et à 20 kms/heure, j’ai l’impression de rouler sur l’autoroute.

4. LE HOT TUB

J’ai eu pas mal l’occasion d’assister à des « instants relaxation » de Canadiens, c’est-à-dire se plonger dans le jaccuzzi par -25°C: 20140208_151249[1] Et j’ai également pu admirer des moments complètement fous ou des Canadiennes sortent du jaccuzzi (39°C dedans, -15°C dehors) pour aller se rouler dans la neige… J’ai pas encore testé mais ca ne saurait tarder! P1050203 Moi, j’ai juste testé le hot tubb le soir avec Audrey. Comme elle m’a dit, le plus dur est d’enlever le peignoir afin de se plonger dedans! Une fois dans l’eau chaude et bouillonnante: c’est que du bonheur! DSCF9719 DSCF9720 DSCF9723

5. LE TIR

Quand Audrey et Perrie m’ont demandé ce que je voulais faire pendant que j’eétais chez eux, je leur ai dit que l’un des trucs de ma Bucket List était de faire du tir. Oui, pour la première fois de ma vie, j’avais envie de toucher une arme à feu. Ça doit être les têtes de cerfs qui m’ont donné envie… DSCF9580 Première remarque: c’est PUTAIN DE LOURD cette merde!!! Faut vraiment avoir la motivation pour s’adonner au tir franchement! Alors la chasse, … je comprends encore moins! NON, je n’ai pas tiré sur un quelconque animal. Je n’ai tiré que sur une cible et ça les a bien fait rire la petite Frenchie qui tire avec un fusil:

C’est surtout ma réaction qui leur a plu! J’espère que ça vous a bien fait rire aussi!

6. JOUER AUX CARTES

Mes samedi soir sur Toronto commençaient l’après-midi et se finissaient le dimanche matin. Ici, nous dirons que c’est quand même plus calme et que mes samedi soir me rappellent les publicités télé pour les maisons de retraite… On joue aux « Marble », « Kaiser », etc. avec parfois une petite tisane… Oui, ça me plait en plus.

7. EXPLORER LES BOIS (et comprendre comment ça marche)

20140211_135317[1]20140211_14193620140211_135644[1] Audrey et Perrie m’ont expliqué tout le processus de la coupe du bois et c’était assez fascinant. Ils m’ont confirmé que la faune n’était pas menacée par cette déforestation parce que :

1. la forêt est juste énorme
2. les arbres repoussent très vite.

Ils ont tous les deux bossés dans la forêt et pour la scierie avant d’avoir le Bed and Breakfast alors j’ai tendance à les croire mais sait-on jamais…

8. FAIRE DES COURSES AU MAGASIN

Vous voyez le supermarché du coin? Genre du coin du patelin? Eh bah c’est là qu’on va faire les courses. Un magasin qui fait la taille du rayon fromages de Carrefour. C’est assez facile de trouver ce que l’on veut et on n’est pas tenté par des extra. Ça a un peu modifié ma perception de la société de consommation.

20140212_110235 20140212_110242 20140212_110352Des creamers de partout

Le café ici, c’est pas la même chose que chez nous! Les Canadiens rajoutent du lait ou de la crème à la noisette, de la crème « à la vanille française » (je sais pas non plus ce qu’ils essaient de dire par là…), de la crème au goût d’amande, de la crème, de la crème, toujours plus de crème20140212_110409Des « bouteilles » de lait de 4L…

20140212_110428 20140212_110437 20140212_110450Un des trucs les plus dégueus au monde: la racinette ou « root beer »

20140212_110508Ici, tu manges des chips avec de la sauce20140212_110526La « trempette aux épinards »: ma sauce préférée

20140212_110555Ah bah si c’est authentique et que ça vient de la boulangerie du Moulin Rouge alors…20140212_110601 20140212_110607Un conseil pour les gateaux ici: Plus c’est joli, moins c’est bon!

9. FAIRE DU SHOPPING

Quand Audrey m’amène faire du shopping au village, c’est quand il y a une friperie. La dernière fois, c’était celle organisée par l’église du coin. Choses à savoir :

1. je ne rentre jamais dans une eglise exceptée pour la visiter, et seulement genre si elle est vraiment VRAIMENT très belle
2. faire du shopping dans une église?! What the hell?

20140213_092827 20140213_092845 20140213_092850 Oui, ici, c’est très « esprit communautaire » et même si ni Audrey, ni Perrie ne sont pratiquants, quand on te dit que le prix des vêtements est à 5$ le sac poubelle rempli, je peux te dire que tu enjoyes! Audrey m’a donc acheté un nouveau manteau qui m’aurait coute 600$ en temps normal et de seconde main (manteau avec fourrure et cuir s’il vous plait!)

manteau

Tout ça revient à faire pas mal de choses et surtout à m’imprégner vraiment de la culture canadienne grâce à mes hôtes et aux clients du ranch qui ont tous leur avis et leur petit mot à dire sur la Frenchie qui se retrouve dans le village isolé d’Hudson Bay. Et croyez-moi, quand on dit que « les Canadiens sont trop gentils », ne le prenez pas pour acquis. Il y a vraiment des cons partout, et des « méchants » partout.

La St-Valentin au ranch

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Depuis que je suis arrivée au ranch, j’ai troqué mes vêtements de ville contre mes vêtements « tout terrain »: jogging, tenue de motoneige, bottes en caoutchouc, etc. Tu repasseras pour le style « Jeune et Jolie ».

Malgré cela, Audrey, la propriétaire du ranch, essaie toujours de me caser avec un « vrai », un « authentique » Canadien… Par « authentique », elle met en opposition avec un Torontois. Depuis que j’ai quitté la capitale économique, il n’est pas rare que je constate que l’image des Torontois ne soit pas super positive dans le reste du Canada… Un peu l’image que chaque pays a en général de sa capitale (Paris VS France, New York VS États-Unis) où l’on pense que grande ville signifie arrogance, mégalomanie et nombrilisme. Encore une fois, la proportion de cons est la même partout selon moi.

Même si depuis mon arrivée au ranch, je n’ai fait la connaissance que de personnes extrêmement gentilles, toujours prêtes à dépanner et à faire plaisir, on sent que la population de la ville n’est pas toute jeune, et Audrey, qui a du mal à me présenter le gendre idéal, excelle dans la présentation de « rednecks », des mecs ressemblant à ça: RedneckTrike redneck_horse red_neck_carredneck

Et même si je fais mon possible pour ressembler à une petite Redneck, allant jusqu’à idolâtrer « Duck Dynasty« , il n’en reste pas moins que « L’Amour est dans le pré », ça rend vraiment mieux à la télé.

Bon, j’exagère un peu. Elle essaie aussi me « marier » avec les jeunes de 16 ans ou avec les clients que l’on reçoit ou avec les commerçants du village…

Ça va du: « Havvvvvvvvvvvvvvvvvve you met Pauline? » au plus obvious « Havvvvvvvvvvvvvvvvvve you met our single Frenchie? ». Avec la St-Valentin et toute cette décoration encombrant le ranch, on est dans le thème en même temps…

Dans la « Big Cabin »
(8 lits Queens quand même):

Meadow House (1) Meadow House (8)P1040985P1040980 P1040981 P1040982 P1040989

Dans la « Shower house »:

20140214_154542[1]20140214_154534[1]20140214_154549[1]20140214_154555[1] 20140214_154657[1]Oui, même la machine à laver en a pris pour son grade

Dans la maison

On a même fait des paquets de bienvenue pour les clients arrivant le 14 février:

20140213_030507

Et dans les magasins. c’est comment?

C’est encore pire qu’au ranch! Ca fait plus d’un mois que tous les supermarchés du Canada sont recouverts de roses, de rouge et de messages « guimauve »:20140212_110617[1] 20140212_110746[1] 20140212_110819[1]Malgré un complot national, je résiste tant bien que mal et je reste à l’abris d’une histoire d’amour avec un bûcheron.

OK, OK, j’exagère beaucoup, mais quoi qu’il en soit et avec un peu de retard, je vous souhaite à tous, en couple/pas en couple, en France/pas en France, amoureux/pas amoureux, etc. etc. etc.

UNE EXCELLENTE ST-VALENTIN!

Et vivement la St-Patrick pour que l’on se mette au vert!

 

La cuisine de Fir River Ranch

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Depuis mon arrivée à Fir River Ranch Bed and Breakfast, Hudson Bay, Saskatchewan, j’ai eu la chance de manger matin, midi et soir la cuisine d’Audrey et au ranch, tout est fait maison:

  • le pain => dont la pâte est en général un mélange de farine, d’eau, de sel et de ce qu’on va pouvoir rajouter dedans… En bonne petite chimiste, Audrey ajoute parfois de la soupe à la tomate ou le bouillon de la veille selon la bonne vieille loi de la conservation de la matière: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » (Merci Antoine Lavoisier d’avoir hanté mes nuits après les cours de chimie).
  • la marinade des steaks => à destination du BBQ: mélange de sauce de soja, d’ « oyster sauce » et de différentes épices
  • les gâteaux (désolée d’avance pour les photos qui vont suivre! J’espère sincérement que vous n’êtes pas en train de suivre une diète débile)
  • les confitures et les sirops => faits avec les fruits du jardin
  • les légumes => du jardin
  • etc etc etc.

Le matin et le soir, quand il y a des clients, le repas est servi sous forme de buffet:

Le midi (ainsi que les rares moments où le B&B n’accueille personne), on mange les restes. Laissez-moi vous dire que « restes » pour moi, ça signifiait parts de pizza à moitié grignotées, bouts de patates flétris, ou pates pendant quatre jours… Au ranch, les « restes » signifient parts de gâteaux, steaks, ou salade composée de la veille. Ça va, y a pire et je me suis habituée assez vite.

Assez différente de la cuisine française, la cuisine d’Audrey n’en est pas moins délicieuse, et vous allez pouvoir le constater par vous-même en reproduisant les différentes recettes chez vous! Elle est pas belle la vie? Allez, en voici quelques-unes parmi mes préférées et parmi les plus originales:

La « Pumpkin Pie »
(Tarte à la citrouille)

Pumpkin Pie

La photo est dégueu mais jusqu’à ce qu’Audrey refasse une nouvelle tarte, ce sera cette photo et BASTA!

  • Ingrédients:

    • 1 tasse  (= 250 mL) de purée de citrouille
      (on peut en trouver toute faite en boîte au Canada ou sinon, vous vous débrouillez pour acheter une citrouille et pour la réduire en purée)
    • 2/3 d’une tasse de sucre
      (bon alors, on passe aux maths… 2/3 de 250 mL = 166.7 (166.666666666…7) ou 167 mL en gros quoi… WHO CARES)
    • 2 œufs
    • 2 cuillères à soupe de farine
      (tout ça parce que je savais pas ce que « tbsp » [« table spoon » ndlr] voulait dire, Audrey a voulu convertir pour que les Français comprennent… Mais une cuillère reste une cuillère et je pense que vous arriverez à faire la recette avec nos cuillères à soupe françaises… Pour info, on traduit cuillère à café par « tea spoon »: toute une différence culturelle dans une traduction)
    • 1 tasse de lait
    • 1/4 de cuillère à café de mélange quatre épices
    • 1/4 de cuillère à café de clous de girofle
    • 1/4 de cuillère à café de cannelle
    • 1/2 de cuillère à café de concentré d’érable (est-ce qu’on a ça en France? Je n’en sais rien alors… Bon courage 🙂 Petite précision, j’ai demandé si on pouvait utiliser du sirop d’érable à la place et elle m’a dit que le concentré, c’était mieux parce que plus fort)
  • Préparation:

    • Vous mélangez tous ces ingrédients ensemble
    • Vous les versez dans votre pâte à tarte
    • Vous cuisez tout ça pendant 40 minutes à 180ºC

g

Peanut Butter Puppy Seed Cake
(Gâteau au pavot et au beurre de cacahuètes)

Poppy seed

Mon deuxième gâteau préféré

  • Ingrédients
    • 1 3/4 d’une tasse de farine
    • 1 cuillère à café de levure
    • 1/4 cuillère à café bicarbonate de soude
    • 1 1/4 d’une tasse de sucre
    • 1/4 de cuillère à café de sel
    • 1 tasse de noix de coco rapée
    • 1/3 d’une tasse de graines de pavot
    • 1/2 tasse de beurre fondu
    • 2 oeufs
    • 1/3 d’une tasse de miel liquide
    • 2 cuillères à soupe de lait
    • 1/2 cuillère à café d’extrait d’amande
    • 1 1/2 cuillère à café de vanille
  • Préparation
    • Mélangez dans un saladier la farine, la levure, le bicarbonate de soude, le sucre, le sel, la noix de coco rapée et les graines de pavot
    • Mélangez le beurre, les oeufs, le miel, le lait, la vanille et l’extrait d’amande
    • Ajoutez la pâte liquide à la pâte « solide » (on me dit ici que c’est toujours ce qu’il faut faire en cuisine, pour avoir un meilleur gâteau, mais on me précise dans le même temps qu’Audrey ne le fait jamais et mélange simplement tout ensemble parce que sinon, c’est juste « a pain in the ass »)
    • Versez le tout dans un moule à gâteau plat
    • Enfournez le moule pendant 15 minutes à 180ºC
    • Laissez refroidir puis recouvrez de glaçage de beurre de cacahuètes (avant mon voyage au Canada, même pas en rêve tu m’y faisais gouter. Maintenant: j’adore!) sur 2 ou 3 cm

g

La « Pop Corn Salad »
(Salade au Pop Corn)

Popcorn Salad

On dirait pas comme ça (rapport au visuel et au nom) mais c’est super bon!!

  • Ingrédients:
    • 6 tasses de popcorn
    • 1/2 tasse d’oignons verts coupés
    • 1 tasse de céleri coupé
    • 3/4 d’une tasse de mayonnaise
    • 3/4 d’une tasse de bacon coupé
    • 1 tasse de fromage de cheddar (elle avait utilisé un pot de sauce de fromage fondu)
    • 1/2 tasse de châtaignes coupés
  • Préparation
    • Vous mélangez le popcorn et le reste et zou! c’est prêt!

g

Nacho salad
(Salade de nachos)

Nacho Salad

Une bonne idée pour l’apéro

  • Ingrédients
    • Poivrons
    • Hot peppers (poivrons épicés)
    • Olives garnies d’ail
    • Cheese sauce
    • Sour Cream (crème fraîche)
    • Oignons verts
    • Chips, nachos, etc. (ce que vous avez envie en fait)
  • Préparation
    • Posez les chips dans une assiette
    • Ajoutez tout ce que vous avez envie dessus

g

Lemon pie
(Tarte au citron)

Lemon Pie

Ca change de nos tartes jaunes

  • Ingrédients
    • 1 1/4 d’une tasse de « graham crackers » emiettés (prenez des gâteaux bretons et écrasez-les, ça fera l’affaire)
    • 3 cuillères à soupe de beurre fondu
    • 100 g de « Lemon Jello » / gelée au citron
    • 1  tasse d’eau bouillante
    • 2 tasses de fromage blanc allégé
    • 1 cuillères à soupe de zeste de citron
  • Préparation:
    • Mélangez le tout et étalez dans un moule à gâteau que vous mettez au four à 180ºC pendant 5 minutes (oui, c’est tout) et laissez reposer.
    • Mélangez la gelée et l’eau bouillante et laissez reposer
    • Mélangez le fromage blanc au zeste
    • Ajoutez lentement la gelée à ce mélange
    • Versez le tout dans un moule à gâteau
    • Réservez au frigo pendant 2 heures minimum avant de déguster
    • Audrey ajoute en général une sorte de chantilly dessus mais c’est vous qui voyez!

g

Quick Dough
(Pâte à tout faire)

Quick Dough

Recette Easy

Audrey utilise cette pâte pour tout: le pain, les donuts, les beignets, des cakes, etc. Je vous conseille de la sauvegarder: ça sert pour tout! TOUT vous dis-je! C’est assez bien écrit pour que je vous laisse le soin de la traduction.

Je songe sérieusement à créer une page « Recettes de voyage » mais pour l’instant, je préfère vous faire saliver avec les photos suivantes:

Husband Cake:

Husband Cake

Parfait pour vos randonnées

Cake aux fruits confits:

Tarte Saskatoon:

Saskatoon Pie

Un régal

Bran Muffins
(Muffins au son de blé)

Muffins

Surement les muffins les plus sains de la maison


Fritures:

Coconut Cream Pie

Coconut Cream Pie

Ne pensons pas aux calories

Le pain d’Audrey:
(elle utilise la même pâte pour ces pizzas)

Pains d'Audrey

Rien à voir avec nos baguettes

Mini cheese buns:Mini Cheese Buns

Forêt noire:

Forêt Noire

Le gâteau préféré d’Audrey

Tarte rhubarbe/fraises:

Rhubarb Pie

A faire à volonté pour les gourmands

Ca va? Vous tenez le choc? Votre taux de glucide n’a pas trop augmenté? Alors on peut continuer!

J’aimerais vous décrire les petits déjeuners ici. Le « repas le plus important de la journée » est ici le meilleur selon moi et définitivement celui qui me met direct de bonne humeur lorsque je me lève! C’est « brunch » (mélange de salé et de sucré) tous les jours! Entre oeufs, bacon grillé, toasts, pommes de terre, porridge, gâteaux des jours précédents, etc.: c’est la fête dans mon estomac tous les matins!

J’ai toujours adoré les buffets (je trouve que c’est le meilleur moyen de prendre un repas!) et là, je suis royalement servie!

Les Petits Déjeuners

Tous les jours, je m’amuse à mettre plein de choses différentes dans mon assiette.

Breakfast

Pour bien démarrer la journée

Les Canadiens me taquinent pas mal sur le fait que je mange du gâteau le matin mais ça ne les choque pas de manger du gras dès 7h00… Culture, culture, quand tu nous tiens! Bref, passons…

Voilà à quoi ressemblent les buffets du matin:

Un bon petit déjeuner

Jambon, pancakes aux bleuets, yaourts, salade de fruits, donuts, etc.

Et voilà à quoi ressemblent les assiettes (des clients, d’Audrey, de Perrie ou de moi):

Une assiette "light"

Jambon, oeuf, pancake

Pommes de terre, oeuf, "Puff Wheat Cake", "Oatmeal" (porridge ou gruau), fruits, muffin

Pommes de terre, oeuf, « Puff Wheat Cake », « Oatmeal » (porridge ou gruau), fruits, muffin

"Sausage Patty" (sorte de saucisse au porc sous forme plate) accompagnés de "Cinnamon Buns" (Roulés à la cannelle) et fruits

« Sausage Patty » (sorte de saucisse au porc sous forme plate) accompagnés de « Cinnamon Buns » (Roulés à la cannelle) et fruits

Jambon, oeuf, pancake, fruit, gruau

Jambon, oeuf, pancake, fruit, gruau

Oeuf, bacon, pommes de terre, tomate, mangue

Oeuf, bacon, pommes de terre, tomate, mangue

Et une spécialité de la maison que je trouvais assez… surprenante au début: la « Breakfast pizza »:

Breakfast pizza

Après tout, pourquoi pas?

Bon… Croyez pas que je mange que du sucré et du gras. Il y aussi de la « Healthy Food » (enfin, j’essaie de me la jouer « Healthy food »… devant des invités qui se moquent de moi et des hôtes qui rigolent pas mal d’un régime alimentaire qu’ils associent à une norme française), enfin des repas un peu plus sains et équilibrés comprenant légumes et fruits:

Déjeuner

Salade composée

Légumes du jardin, ça va de soit!

Légumes du jardin, ça va de soit!

Désolée encore pour ces photos bien alléchantes, j’espère ne pas avoir trop fait monter le taux de cholestérol de certains 😉

Je ne peux cependant pas clore ce post sans parler des dîners ici.

Les Dîners

Pour $28, les clients peuvent choisir la « soirée steaks ». Grillés au BBQ (même par -35°), les steaks de la maison et la viande de cerf chassé par Perrie (quand on dit que tout est fait maison, on ne rigole pas…) sont absolument à tomber!

Je n’ai jamais pu prendre une assiette « complète » comprenant entrée (la plupart du temps une soupe à la crème), steak entier + morceaux de cerf + pommes de terre + panoplie de légumes, et dessert (gâteau qui tient bien au corps…). Néanmoins, je reste épater par la performance de certains clients qui arrivent à tout manger et qui s’en vont à leur chambre, leur cabine ou au jaccuzzi le bidon bien rond.

Jugez par vous-même:

J’ai beau leur expliquer que le repas du soir est censé être le plus léger de la journée, les clients ne peuvent s’empêcher de m’expliquer qu’ « ici, tout le monde fait ça! » et que tout le monde mange en général beaucoup le soir.

Ça me fait une belle jambe et une bonne raison pour faire du sport!