Découverte de Jakarta, la capitale chaos

Articles, Jakarta

On est arrivée sur le sol indonésien le 11 septembre, en plein milieu de l’après-midi. Une chaleur monstrueuse nous attendait les portes de l’aéroport passées.

En sortant de la douane, nous nous arrêtons au stand « Silver Bird Taxi ». Après plus de 24h de vols, d’attente, d’escales, nous voulons juste être à l’hôtel le plus rapidement possible. Il nous en coûtera 260,000 IDR (16€ environ).

Faire du wwoofing en Gaspésie

Articles, Gaspésie

Après mes quelques jours à Halifax, une nouvelle aventure m’attendait: faire du wwoofing chez une artiste en céramique à Percé, en Gaspésie.

Ah la Gaspésie! Beaucoup m’en avait déjà parlé avec passion: de beaux paysages rassemblant mer, terre et montagne. Une réputation bien justifiée.

Chez Marie-Jo Tommi, j’ai pu approcher l’art de la sculpture. En échange de 3h de travail par jour (à sabler, laver, et nettoyer les Fous de Bassant et les bateaux en grès), je recevais le gite et le couvert.

Des missions, des repas et un rythme de vie totalement différents du ranch. À l’atelier, j’ai rencontré Gab, Gabi, Gabrielle. Bénévole au Sea Schack, l’auberge de jeunesse HI de Ste-Anne-des-Monts, la Toulousaine prenait une semaine de « vacances wwoofing » à Percé. Lorsqu’elle m’a proposé de l’accompagner au Sea Schack pour ensuite descendre ensemble sur Montréal, j’ai tout de suite accepté.

Bienvenue à Halifax, Nova Scotia

Articles, Halifax

Lorsque j’étais encore au ranch, je ne savais pas vraiment où aller après le Saskatchewan:

– directement à Toronto? Hmmm… Sans travail, ça allait être dur d’y vivre pendant plusieurs semaines.

– Montréal? La ville est chouette mais déjà vue. C’est alors qu’un ami du ranch m’a conseillé d’aller faire un tour dans les Maritimes. Et j’ai trouvé l’idée plutôt chouette: retrouver le bord de mer allait être intéressant.

Mon choix était fait, j’allais partir 2-3 jours visiter Halifax. Le downtown, bien que charmant, est assez petit et en une après-midi, j’avais l’impression d’avoir tout vu.

Jour 1

Lorsque je suis arrivée à 6h00 du matin à l’aéroport, j’avais ce qu’on appelle dans la langue de Shakespeare « the head in the ass ». Arrivée au downtown après avoir voyagé dans le bus comme un zombie, je me suis posée dans un Starbucks avant de décider d’aller à l’auberge de jeunesse pour me « take » une petite « nap ». Finalement, j’ai juste pris une douche et hop! C’était parti pour la découverte de la cité.

Le wwoofing au ranch: c’est fini.

Articles, Canada, Hudson Bay: ma vie au ranch, Saskatchewan

Toutes les bonnes choses ont une fin et mon expérience au ranch, à Hudson Bay, dans le Saskatchwan, est finie. Après avoir passé plus d’un mois dans cet endroit juste extraordinaire, il a fallu mettre fin à l’aventure. C’était génial, magique et AWESOME de vivre dans ce ranch/Bed&Breakfast.

Retour sur les derniers trucs testés là bas:

– assister à compétition de curling
– visiter un business d’abeilles
– voir des buffles
– fêter mon anniversaire
– faire de la luge (tirée par un skidoo)
– faire du cheval, toujours plus de cheval

Retour en arrière.

Depuis qu’Olivier est arrivé au ranch, les journées, qui passaient déjà assez vite, ont défilé. Rencontré à Toronto, le Français a décidé de me rejoindre dans le nord du Saskatchewan. Quand tu as passé 6 mois à Toronto alors que tu es venu faire un PVT au Canada (et pas en Ontario uniquement), l’envie de bouger est juste compréhensible. Ne vous méprenez pas: j’adore toujours Toronto mais le reste du Canada est trop grand pour ne pas être découvert.
Anyway… Avec « Oliver » (n’essaie même de leur faire prononcer le vrai nom),on a découvert pas mal de nouveaux trucs: les personnes rencontrées à Hudson Bay étaient fières de nous présenter (nous petits Frenchies) leur business, leurs habitudes et leurs vies en général.

1. Assister à une compétition de curling

Lorsque j’étais en France, j’ai jamais compris comment des personnes censées pouvaient regarder du curling. Eh bien, voilà. Arrivée dans le Saskatchewan, j’ai regardé une compétition et j’ai aimé. Pas que j’en regarderais tous les jours, mais grâce à Angel, une amie du ranch, qui nous expliquait les règles, on a passé un super bon moment.

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2. Voir un business d’abeilles

Avec Glenn, on a eu la chance de découvrir comment on faisait pour réussir dans le commerce d’abeilles. Ce dernier en exporte en effet jusqu’en Chine. Il nous a du coup expliqué comment ça marchait de la naissance d’une abeille jusqu’à sa reproduction.

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3. voir des buffles

Sur la route du retour à la maison, lorsque Glenn nous reconduisait au ranch, j »ai placé dans la conversation que je n’avais jamais vu de buffles de ma vie. Qu’est-ce qu’il a fait? Demi-tour pour nous amener en voir! Des voisins avaient en effet un commerce de buffalos: juste incroyable! Le truc qui m’a le plus impressionnée reste le fait que ces grosses vaches poilues avaient plus peur de nous que nous d’elles.

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4. visiter une scierie

Angel nous a, quant à elle, amené visiter la plus grosse entreprise d’Hudson Bay qui fait travailler les 3/4 de la ville.
J’avais déjà pu assister à la coupe des arbres et voir la suite du processus et la transformation de l’arbre en palette était super intéressante.

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5. fêter mon anniversaire

Quand, en rentrant d’une promenade à cheval, Riita (une autre amie du ranch) m’a demandé d’aller chercher une box dans sa voiture, je ne me doutais pas que j’allais tomber sur le plus gros gâteau d’anniversaire que j’ai jamais eu! La surprise était, au propre comme au figuré de taille. Ca faisait d’une pierre deux coups et j’ai eu l’impression d’avoir en même temps un joli pot de départ.
J’ai eu le droit à un gâteau -bourré de crème, ça va de soit- avec ma photo dessus: le rêve de toute petite princesse qui se respecte.
De toute façon, je n’avais pas d’autre choix que de partir comme une princesse.

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6. faire de la luge (tirée par un skidoo)

Quand Perrie nous a demandé si on avait envie de poser nos fesses sur une luge afin qu’il nous tire avec son skiddo, on a tout de site accepté. L’expression « manger de la neige » n’a jamais eu autant de poids que ce jour là.

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Un « Oliver » en action, ça donne ça:

7. faire du cheval, toujours plus de cheval

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Comme Audrey me l’a dit, je pense que je ne pourrais plus vivre sans. J’ai réussi à me faire « adopter » par deux d’entre eux et c’était juste brillant! Voir un percheron qui t’écoute et qui fait ce que tu lui dis par le pouvoir de la voix: a dream come true!

Mais voilà, une fois encore dans l’expérience « Pô au Canada », il m’a fallu dire au revoir à des gens extraordinaires et tourner la page d’un autre chapitre de ma vie: une expérience de cowgirl comme j’en avais toujours rêvée.

Mais pas le temps de me poser pour y penser: j’étais déjà prête pour de nouvelles aventures. Le 11 mars, je quittais le Saskatchewan pour aller découvrir la Nouvelle Écosse (Nova Scotia), « les Maritimes » et la réputée ville d’Halifax.

Les Natives du Canada: entre passé et présent

Articles, Hudson Bay: ma vie au ranch, Saskatchewan

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Mais ils sont oùùùù les Canadieeeeens?

Personne ne m’en a jamais vraiment parlé à Toronto (on ne parlait jamais vraiment de politique non plus à part pour les déboires de Rob Ford…). Je me disais du coup que la France était vraiment un pays ultra-politisé et qu’ici beaucoup moins. Je n’ai jamais eu de débat houleux sur le comportement canadien et la tendance à trop consommer (voitures trop grosses, lumières et téléviseurs toujours allumés, gaspillage de l’eau potable, OGM autorisé dans les produits alimentaires, j’en passe et des meilleurs), jamais de discussions sur le mariage homosexuel (autorisé au Canada depuis mai 2005), pas non plus de grand discours sur la parité hommes/femmes. Pas avec des Canadiens en tout cas. Je ne pense pas que ce soit parce que les questions ne se posent pas ou que les problèmes  n’existent pas mais je pense qu’on ne les soulève pas comme on le ferait en France. Pourquoi, je ne sais pas et je ne cherche pas vraiment à comprendre.

Je n’ai jamais été une grande fan du sujet « Différences culturelles entre Français et Canadiens: les Français se plaignent tout le temps et les Canadiens sont des gentils mangeurs de poutine ». Ces clichés m’énervent plutôt qu’autre chose parce que je pense que ca ne fait pas avancer les choses (et puis parce que moi aussi j’aime manger de la poutine) et que ma vision du monde reste « Il y a des cons partout ». C’est comme à chaque fois que je lis sur Facebook des espèces d’études sociologiques: « Les Français pensent 10 fois par jour au sexe quand les Italiens y pensent 8 fois: les pates y seraient-elles pour quelque chose? » … Vous voyez ce que je veux dire…

Il y a pourtant une discussion que j’aurais bien aimé avoir: j’aurais souhaité que l’on me parle plus de l’histoire du pays et des Premières Nations. On m’en a parlé une fois pendant mon boulot à Toronto en call center (j’y ai passé six mois quand même…): une de mes collègues m’avait appris que les Premières Nations ne payaient pas d’impôts.

J’ai du coup décidé de me pencher un peu plus sur le sujet. Quand tu visites un pays, c’est toujours intéressant d’avoir une vision d’ensemble et de s’intéresser à son histoire, non?

Mais j’en pense quoi moi?

Ma perception des Premières Nations, c’était ça:


Little Big Man, Arthur Penn, 1970

ou ça:


Le Nouveau Monde, Terrence Malick, 2005

Pas vraiment une bonne image de l’homme blanc…

Mon intéret pour les autochtones canadiens s’est accentué lorsque j’ai commencé à voyager à l’ouest, surtout arrivée dans le Saskatchewan, où des Canadiens m’ont parlé de leur histoire. En  11 mois passés à Toronto, je n’avais entendu que des stéréotypes genre « Les autochtones sont des alcooliques sans travail » ou des « Ils ne paient pas d’impôts. » Au ranch, j’ai eu la chance de creuser plus le sujet avec des personnes un peu mieux renseignées: Audrey a été mariée à un Natif, et quelques-uns de ses amis ont du sang indien qui coulent dans leurs veines. Alors c’est quoi être un Indien aujourd’hui?

Petit cours d’histoire

Le territoire canadien a d’abord été occupé par les peuples amérindiens depuis plus de 40 000 ans. À partir du xve siècle, des expéditions coloniales anglaises, écossaises, portugaises et françaises explorèrent puis s’installèrent sur la côte Atlantique. Au xviiie siècle, des expéditions russes et espagnoles exploreront et coloniseront les territoires de l’actuel côte Pacifique. Une série de conflits entres les différentes puissances coloniales mèneront à la guerre de Sept Ans, qui marquera l’avènement de la suprématie britannique sur le continent, formant l’Amérique du Nord britannique, un ensemble de colonies et de territoires appartenant à l’Empire britannique. Trois de ces colonies se fédérèrent le 1er juillet 1867 et formèrent le Dominion du Canada, un État indépendant, qui deviendra totalement souverain en 1931 avec la ratification du Statut de Westminster.

Wikipédia

Huhu… Intéréssant. Vous aurez remarqué que l’on utilise les termes: « Natifs »/ »Natives » ou « Premieres Nations »/ »First Nations » ou « Autochtones » ou « Premiers Peuples ». Ne dites jamais « Indiens ». Ne dites jamais non plus Esquimaux (dites Inuits). Ce qu’un Francais ne sait pas avant d’arriver au Canada, c’est que ce sont des termes vraiment très péjoratifs et racistes ici.

Alors que peu de documents attestent de leur présence, des fouilles archéologiques font remonter la présence des peuples autochtones sur le territoire du Canada à plus de 26 500 ans dans le nord du Yukon et à 9 500 ans dans le sud de l’Ontario. Ainsi, certaines régions du territoire actuel du Canada sont habitées par les peuples amérindiens et inuit depuis des temps immémoriaux. Ces peuples autochtones seraient arrivés en Amérique grâce à leur migration par l’isthme de la Béringie entre l’Alaska et la Sibérie orientale.

Wikipédia

Donc ces gens étaient sur le territoire depuis des milliers d’années et personne ne m’en a vraiment jamais parlé à Toronto?? WHAT THE FUCK??!! Je me dis que c’est peut-être qu’il n’y a plus de natifs en Ontario? Quelques recherches (Merci Wiki!) plus tard, voilà sur quoi je tombe:

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Hmm… Intéréssant: En 2011, 2.4% de la population ontarienne est aborigène, 5.4% en Colombie Britannique alors qu’elle est de 15.6% dans le Saskatchewan. Ceci explique peut-être cela… Mais tout de même! Les autochtones habitaient tout le pays avant! Alors ils sont où maintenant?

Culpabilité canadienne

Je ne sais pas ce qui est arrivé à toutes les tribus qui peuplaient le Canada avant que les colons débarquent mais Kevin, un ami d’Audrey et Perrie, répond un peu à ma question et m’apprend l’histoire honteuse du Canada, celle dont on essaie de ne pas parler. Je commence par lui demander ce qu’il est lui et comment il en sait autant sur les autochtones:

« Ma mère avait deux parents allemands, mon père avait une mère Française et un père Indien, [ce qui fait de lui ce qu’ils appellent ici un metis ndlr] et ce qui fait de moi 1/4 Indien. Je peux donc prétendre a la « nationalité indienne » qui me donne le droit a des privilèges. »

Privilèges?!

« Lorsque les colons sont arrivés au Canada, ils ont abattu 14 millions de buffles, principalement pour leurs peaux. Souvent, ils demandaient aux Indiens de tuer les bisons pour eux parce qu’ils ne savaient pas les chasser. Aujourd’hui, on nous rend ce qui nous est dû en quelque sorte: comme les colons ont décimé le gibier, on estime que les autochtones sont libres de chasser ce qui leur est du, et du coup, je peux chasser autant de biches par an que je le veux. Je peux aussi avoir accès à des études universitaires, dans des écoles publiques, sans vider mon compte en banque. »

Eh bah c’est plutot cool ça, non?

« Oui et non… Beaucoup de Canadiens sont jaloux de ces privilèges. Beaucoup aussi pensent que les Indiens ne paient pas de taxes. C’est faux. Le seul endroit où ils n’en paient pas est lorsqu’ils habitent dans les reserves. »

Bah en même temps, c’est normal, non? On va pas leur demander de payer des taxes. Déjà qu’on les a colonisés… Faut ptet arrêter les conneries à un moment donné, non?

« Au xixe siècle, les Amérindiens d’Amérique du Nord ont été parqués dans des réserves et leurs principaux gibiers, les troupeaux de bisons, exterminés pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fédéral. Ainsi même si la qualification de génocide du traitement de ces populations est discutée, dans la mesure où il n’y avait pas de volonté gouvernementale arrêtée d’exterminer les Amérindiens, ces derniers ont été affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide, terme désignant l’extermination d’une culture par l’installation de sédentaires, souvent cartésiens, dans une civilisation nomade et animiste. »

Wikipédia

« Les réserves ont été créees par les Canadiens en fait. Et laisse moi te dire que même aujourd’hui, tu ne voudrais pas habiter dans ces réserves… Même un chien a une meilleure vie que ça… C’est sale, il n’y a rien a faire… Tu meurs d’ennui. Là bas, les enfants ne sont pas forcés à aller à l’école et sans éducation, tu n’es rien… Tu as entendu parler de Shamattawa? C’est une réserve dans le Manitoba, un endroit qui a le plus haut taux de suicide du Canada… Certains des enfants font des tentatives de suicide juste pour que l’on vienne les chercher en urgence et que l’on les amène à Winnipeg. Certains malheureusement serrent la corde trop fort… Si tu t’intéresses à l’histoire des Natives, tu as du entendre parler d’un autre scandale, les « Residential School »? Des écoles réservés aux Indiens pour leur apprendre à être « civilisés » et pour les convertir à la religion catholique? »

Malheureusement oui…

Des écoles fermées en 1996… Les massacres des Indiens n’appartiennent pas à un passé si lointain.

Des gentils petits élèves, bien dociles, bien sympas… On leur apprenait l’éducation catholique mais pas vraiment avec la méthode douce…

Des enfants déboussolés d’avoir été forcés à quitter leur famille, mais il y a pire…

Ce qui s’est passé dans ces écoles et que l’on a caché pendant longtemps? Les enfants étaient battus, torturés, violes, affamés… On « testait » la « résistance » des « Indiens » avec des expérimentations médicales…

« Quand tu apprends ça, tu comprends mieux comment certains ont tourné alcooliques, m’explique Kevin. Grandir dans une culture bien précise et juste te forcer à vivre dans une autre à laquelle tu n’as jamais été préparé, ça te détruit…

Ma mère a été dans un de ces camps. Elle se faisait violer tous les jours par ceux qui auraient du être ses protecteurs. Je peux comprendre qu’elle soit devenue alcoolique. Moi aussi je le serais devenu si on m’avait enlevé toute ma dignité et réduit à rien pendant des années… Mais ça, les gens ne veulent pas le voir, ne veulent pas en parler et préferent affirmer que tous les Indiens sont des alcooliques, sans essayer de comprendre et de chercher une explication… 80% des Indiens qui boivent viennent de ces écoles. Dans une d’elles, en Alberta, se trouvait même un cimetiere… Des centaines de cadavres d’enfants dedans. Comment ils sont morts? On ne « sait » pas mais il y a eu quelque chose… Ils retrouvent encore des squelettes de nos jours…

Beaucoup d’Indiens cherchaient à cacher leurs enfants pour ne pas qu’ils soient amenés de force là bas. Tu devrais parler à Brandy [sa femme, ndlr], elle a travaillé avec différentes tribus et elle en connait surement beaucoup plus que moi. »

Voilà par quoi cette dernière commence:

« Je te conseille un documentaire qui en parle: « We were children ».

Tu peux retrouver le film sur Netflix. Tu en apprends beaucoup sur ce qui s’est passé. »

Un groupe Facebook qu’elle me conseille, celui d’ « Idle No More » (littéralement « Au Repos Plus Jamais »), un groupe crée afin que l’on se souvienne et que l’on connaisse ce passé peu glorieux. Pour le devoir de mémoire, certaines de ces écoles n’ont pas été détruites.

St. Michael's Indian Residential SchoolSt. Michael's Indian Residential School

Ouvert en 1892; fermé en 1964

Un autre truc que Brandy m’apprend: les « 60 sweep », appelés aussi « 60 Scoop ». Pendant les années 1960, des milliers d’enfants aborigènes enlevés à leurs familles et littéralement donnés à des familles américaines, la plupart du temps des familles blanches. Devenus adultes, ils expliquent avoir perdu leur identite, le contact avec leur famille d’origine, qu’on leur a cache leur dossier medical.

Wikipedia:

The term Sixties Scoop was coined by Patrick Johnston in his 1983 report Native Children and the Child Welfare System.It refers to the Canadian practice, beginning in the 1960s and continuing until the late 1980s, of apprehending unusually high numbers of children of Aboriginal peoples in Canada and fostering or adopting them out, usually into white families. Reder (2007) reports that the adult adoptees who were the subjects of this program have eloquently spoken out about their losses: loss of their cultural identity, lost contact with their natural families, barred access from medical histories, and for status Indian children the loss of their status. An estimated 20,000 aboriginal children were taken from their families and fostered or adopted out to primary white middle-class families.

This government policy was discontinued in the mid-’80s, after Ontario chiefs passed resolutions against it and a Manitoba judicial inquiry harshly condemned it.This judicial inquiry was headed by Justice Edwin Kimelman, who published the File Review Report. Report of the Review Committee on Indian and Métis Adoptions and Placements (also known as the Kimelman Report).

Two lawsuits have been filed in Canada by survivors of the Sixties Scoop, one in Ontario in 2010 and one in British Columbia in 2011.

Une enfance et des générations « fucked up » comme on dit ici: détruites, désabusées, foutues quoi…

Et maintenant?

Beaucoup restent dans les réserves, passent le temps comme ils peuvent. Certains arrivent à s’en sortir mais la majorité des Canadiens les regarde toujours comme des alcooliques ou des bons à rien, pensant que les Natifs ne paient pas les taxes du pays. Des préjugés durs à supprimer.

D’autres infos que j’ai trouvées sur le traitement des femmes autochtones et sur les autochtones en général qui appuient ces dires:

« Au Canada, les femmes autochtones sont aux prises avec des taux d’agressions violentes de trois à cinq fois plus élevés que toutes les autres femmes. Des centaines de familles inuites, métisses et des Premières Nations ont vécu le meurtre ou la disparition d’une sœur ou d’une fille, raconte Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada section francophone. Une intervention gouvernementale concertée et à la mesure de la gravité du problème est primordiale. »

L’usage inutile et disproportionné de la force contre les peuples autochtones qui font valoir leurs droits territoriaux ou participent à des manifestations publiques est également préoccupant. Le déploiement de 200 agents de la Police provinciale de l’Ontario à Ipperwash en septembre 1995 a entraîné le décès d’un manifestant autochtone, puis la tenue d’une enquête en 2003. Néanmoins, des recommandations essentielles ne sont toujours pas mises en œuvre. Cet incident et des actes subséquents en juin 2007 et en avril 2008 dans le territoire mohawk de Tyendinaga ont mené Amnistie internationale à demander la mise en place de politiques contraignantes selon lesquelles la force ne sera utilisée qu’en dernier recours, quand elle est nécessaire pour protéger la vie et la sécurité.

http://www.mondialisation.ca/rapport-d-amnistie-internationale-canada-torture-et-s-curit-nationale/31044

En gros, l’homme blanc a debarqué dans ce pays, l’a appelé Canada, et a voulu convertir l’autochtone à son mode de vie. L’autochtone s’est laisse faire, a donne ses bisons et a appris aux Blancs la culture de plantes: tomate, pomme de terre, maïs et tabac… Not really fair, isnt’it?

L’identité et les racines du Canada restent présentes dans certains mots (anorak,moccassin, canoe, toboggan, etc.), et plusieurs états fédérés portent un nom d’origine amérindienne (Manitoba, Saskatchewan, Ontario, Québec, etc.). Neanmois, la citoyenneté canadienne n’a été accordée aux Amérindiens qu’en 1952…

Sentiments de culpabilité des Canadiens? Pas vraiment ce que j’en ai ressenti à Toronto, mais bon, ça reste ce que je ressens… Et puis, il y a quand même eu ça:

« Le 11 juin 2008, le premier ministre Stephen Harper présente les excuses des autorités canadiennes aux 150 000 enfants autochtones qui subirent une tentative d’assimilation dans des pensionnats chrétiens financés par le gouvernement. Harper déclara : « Le gouvernement du Canada est sincèrement désolé, et demande pardon aux populations autochtones de ce pays, pour avoir si profondément failli à leur égard. Nous sommes désolés. Ces excuses rappellent celles présentées quatre mois plus tôt par le premier ministre australien Kevin Rudd aux Générations volées aborigènes ».

Wikipédia

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Comme dirait Kevin: « Les excuses, c’est bien mais ce serait mieux de les aider à se reconstruire maintenant. »

Lake Louise: le Paradis des Rocheuses canadiennes

Articles, Lake Louise, Les Rocheuses, Ouest Canadien

Quand on ouvre un guide du Canada, la première photo sur laquelle on tombe est en général celle du Lake Louise situé dans le Parc National de Banff.

Quelques photos, pour commencer cet article, prises lors de mon trajet de Banff à Lake Louise:

20140121_15215920140122_094520Banff => Lake Louise: 45 mins de car

Le village porte le même nom que le lac (à moins que ce soit l’inverse).

20140122_095036Village Lake Louise

L’auberge de jeunesse HI Lake Louise Alpine Centre où je résidais est parfaitement localisé à côté de la station de bus. Pas beaucoup de chemin à faire avec mes 15 kgs sur le dos. Ne restant que deux nuits dans la meilleure auberge où j’ai jamais été (construite en bois et avec un sauna à l’intérieur), j’ai décidé de profiter à fond du temps qui m’était imparti en allant faire une randonnée de Lake Louise jusqu’au Lac Agnès (16 kms aller retour…).

HI Lake LouiseHI-Lake Louise Alpine Centre

En fait, j’avais décidé de marcher uniquement jusqu’au lac Louise mais une Allemande rencontrée à Banff et retrouvée à Lake Louise m’a motivée à l’accompagner jusqu’au Lac Agnès.

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Sur le chemin de l’auberge au lac

Alors que j’étais partie avec le sourire jusqu’aux dents, ma mine enjouée s’est transformée au fur et à mesure que nous avancions. Il faut dire que la montée jusqu’au lac n’était pas de tout repos.

20140122_104429 20140122_104435Marcheurs en raquette

20140122_104604À cette époque de l’année, il n’y avait pas beaucoup de randonneurs, seulement quelques marcheurs en raquette et des sportifs en ski de fond.

Le fait que l’endroit soit presque vide à l’époque de l’année était un pur bonheur. On avait Lake Louise preque pour nous seules.

20140122_105735 20140122_105953 20140122_110552 20140122_11055820140122_110638Devant l’hôtel étaient exposées des sculptures de glace impressionnantes par leur originalité, leur beauté et leurs détails. 20140122_110750 20140122_11075820140122_113345Une patinoire aménagée aux abords du lac permet à ceux qui le souhaitent de patiner ou juste de marcher sur le lac gelé:20140122_111425Aux risques et périls des aventuriers de faire du patin à glace sur le lac gelé. Pensez-vous que certains ont égaré leur bébé ont eu juste peur que le poids de la poussette cède? Je ne sais, je ne sais, mais pour ma part, j’ai tenté la traversée (sans patins).

Au milieu de cette patinoire se trouvait la sculpture d’un château. Quand il s’agit de glace, les Canadiens ne manquent pas d’originalité.20140122_11104720140122_111633 20140122_111819Une fois les portes du chateau franchies, la vue était somptueuse: 20140122_11283620140122_112518Ce point bleu, c’est moi. Petite de nature, il apparaît clairement que je ne suis qu’un Minimoy (désolée pour la référence) face à ces montagnes.

Avant de repartir sur notre circuit, nous avons fait une petite pause à l’hôtel Fairmont du Lake Louise qui offre une vue directe sur le lac et les montagnes l’entourant. Un pur régal pour les yeux et le palais!

20140122_115005Ayant repris du poil de la bête, nous étions prêtes à continuer notre randonnée jusqu’au Lake Agnes. 

Pendant l’été, la récompense n’est pas seulement la vue: à côté du lac se trouve le Tea House qui permet aux randonneurs de s’arrêter pour se poser un peu, profiter du paysage et déguster un thé. Pas de chance pour nous, il est fermé en hiver.

20140122_134919Petite pause au Lake Mirror où nous avons rencontré quelques Canadiens venant de Calgary:20140122_135250(0) 20140122_135309 20140122_13554720140122_135624

Arrivée au Lake Agnes, la vue idyllique m’a permis d’oublier les précédents kilomètres endurés:
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20140122_142603 20140122_142656Lake Agnes

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Descendues par le même chemin emprunté à l’aller, nous nous sommes senties bien légères sur la route du retour.

Arrivées au Lake Louise, nous nous sommes à nouveau arrêtées pour contempler ce paysage mythique.

Toutes les personnes qui ont souhaité un jour partir au Canada et qui se sont renseignés sur le pays, ont découvert cette splendide photographie: Lake Louise 1593 lake-louise-mainTapez juste « Canada » dans votre barre de recherche Google et vous verrez qu’on ne peut passer à côté du Lake Louise quand on se renseigne sur le pays des caribous.

Alors, peu importe la saison, peu importe le mois – et même s’il paraît que Lake Louise est peuplé de touristes l’été – peu importe votre misanthropie ou votre humeur, allez découvrir cette merveille de la nature que sont les Rocheuses et Lake Louise, LA beauté à découvrir lorsqu’on se décide à aller au Canada.